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Taxe de séjour : qui la collecte, comment elle se calcule, ce que fait la plateforme

La taxe de séjour est payée par le voyageur, mais c'est l'hébergeur qui la collecte et la reverse à la commune, sauf si une plateforme le fait pour lui. Son montant dépend de la délibération de la commune : un tarif fixe par catégorie pour un logement classé, un pourcentage du prix de la nuit pour un logement non classé. Voici comment s'y retrouver.

loman · mis à jour le 28 octobre 2026 · 6 min de lecture

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Qui paie la taxe de séjour, et qui la collecte ?

La taxe de séjour est instituée par les communes et les intercommunalités. Selon la Direction générale des collectivités locales, dans le régime « au réel », le voyageur la paie et l'hébergeur la collecte, d'après le nombre de personnes qui ont réellement séjourné (DGCL, page « Taxe de séjour », consultée en octobre 2026).

Dans le régime du forfait, c'est l'hébergeur qui paie. Le montant se fonde sur la capacité d'accueil et le nombre de nuits de la période de perception (même source).

En pratique, vous devez donc savoir quel régime votre commune applique. Il figure dans sa délibération, généralement publiée sur le site de la commune ou de l'office de tourisme.

Comment se calcule la taxe de séjour d'un meublé ?

Le calcul dépend du classement de votre logement.

Logement classé (étoiles). La commune fixe un tarif par personne et par nuit pour chaque catégorie, dans la limite de plafonds légaux revalorisés chaque année. Les plafonds applicables en 2026 et 2027 sont publiés par l'administration (même source DGCL). À Paris, par exemple, le tarif total collecté en 2026 est de 5,53 € par personne majeure et par nuit pour un 3 étoiles, 8,45 € pour un 4 étoiles (tarifs en vigueur au 1er janvier 2026, fiche tarifs 2026 relayée par GHR). Ces montants intègrent les parts additionnelles et ne valent que pour Paris.

Logement non classé ou en attente de classement. Un régime proportionnel s'applique : la commune fixe un taux entre 1 % et 5 % du prix de la nuit, par personne. Ce taux ne peut pas dépasser le tarif le plus élevé appliqué aux logements classés (DGCL, même page). À Paris, le taux est de 5 % du coût hors taxe par personne et par nuit, plafonné à 15,93 € en 2026. Le coût par personne s'obtient en divisant le prix total de la nuit par le nombre de voyageurs, mineurs compris (même fiche).

Taxes additionnelles. Le département prélève une taxe additionnelle de 10 % (article L. 3333-1 du CGCT, cité par la DGCL). Certaines zones ajoutent des majorations régionales, notamment en Île-de-France (même page).

Un exemple de principe, avec des chiffres fictifs : pour un logement non classé à 5 % loué 200 € la nuit à 4 voyageurs, le coût par personne est de 50 €, soit 2,50 € de taxe par personne et par nuit, avant parts additionnelles. Vérifiez toujours le taux et les exonérations dans la délibération de votre commune.

Que fait la plateforme de réservation ?

Les plateformes en ligne peuvent collecter la taxe de séjour pour le compte des hôtes. Elles doivent présenter séparément la taxe principale et les taxes additionnelles dans leurs déclarations et verser les sommes au comptable public aux dates fixées par la délibération (DGCL, même page).

Une décision de justice illustre l'enjeu. Le 8 avril 2025, la cour d'appel de Poitiers a condamné Airbnb à des amendes de 5 078 500 € pour 2021 et de 3 516 000 € pour 2022, pour défaut de collecte et retards de paiement sur le territoire de l'île d'Oléron. La cour s'est fondée sur l'article L. 2333-34-1 du CGCT (Actu-Juridique, arrêt n° 24/01067). Cette affaire montre que la collecte par les plateformes est un sujet de contrôle réel. Elle ne dit pas, à elle seule, ce qui est vrai pour chaque commune aujourd'hui.

Pour les volumes : Airbnb a annoncé avoir collecté et reversé plus de 187 millions d'euros de taxe de séjour à plus de 24 500 communes françaises, sur la période du 1er novembre 2022 au 31 octobre 2023, soit plus de 25 % de plus qu'en 2022 (Airbnb, communiqué du 17 janvier 2024). Pour 2025, un article de presse économique évoque 210 millions d'euros reversés (+5 %), en citant lui-même Le Parisien (Bourse des Crédits, 23 avril 2026). Nous n'avons pas trouvé de source primaire publique pour ce chiffre : il est à prendre avec prudence.

Que reste-t-il à votre charge si la plateforme collecte ?

Si la plateforme collecte la taxe pour une réservation, c'est elle qui la reverse à la commune pour celle-ci ; vérifiez dans la délibération de votre commune ce qui s'applique à vous. Plusieurs points restent chez vous :

  • les réservations hors plateforme (vente directe, contacts en direct) : vous collectez et reversez vous-même, selon le régime de la commune ;
  • le classement de votre logement, qui détermine le tarif applicable ;
  • l'exactitude des informations déclarées (nombre de voyageurs, nuits).

Les règles sur l'enregistrement du meublé en mairie se cumulent avec celles-ci. Elles sont détaillées dans notre article sur le numéro d'enregistrement.

Ce qui évolue : expérimentation et tarifs

Deux évolutions sont à suivre. La loi de finances pour 2024 a lancé une expérimentation de trois ans, appelée FARITAS, qui permet aux plateformes de déposer une déclaration annuelle unique (DGCL, même page). Par ailleurs, les communes saisissent leurs tarifs dans l'application DELTA entre le 1er janvier et le 15 septembre, et les plafonds sont revalorisés chaque année (même page). Les tarifs de l'année suivante sont donc connus à l'automne. Si votre commune a voté une hausse, elle s'appliquera aux séjours de la période concernée.

Les détails du calendrier précis de FARITAS et d'éventuelles nouvelles réformes ne figurent pas dans la source consultée. Aucune donnée publique fiable ne nous permet d'en dire davantage à ce jour.

À retenir

  • Le voyageur paie la taxe, l'hébergeur ou la plateforme la collecte, puis la reverse à la commune.
  • Logement classé : tarif fixe par personne et par nuit. Logement non classé : 1 % à 5 % du prix par personne, selon la commune.
  • Les taxes additionnelles (10 % pour le département, majorations régionales) s'ajoutent selon les zones.
  • Les réservations hors plateforme restent à votre charge.
  • Lisez la délibération de votre commune : elle fait foi pour les tarifs et les exonérations.

Les articles du CGCT cités (L. 2333-34-1, L. 3333-1) sont consultables sur Légifrance.

Quand vous fixez le prix d'une nuit, gardez en tête que la taxe de séjour s'ajoute au prix payé par le voyageur ou s'y intègre selon les cas. loman calcule le prix de chaque nuit et montre son calcul ; vous gardez la main pour vérifier ce prix au regard de vos propres contraintes.

Cet article est une information générale, pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.

Sources

  1. DGCL, Taxe de séjour : régimes, taux, taxes additionnelles, FARITAS, article L. 3333-1 du CGCT.
  2. Tarifs de la taxe de séjour à Paris au 1er janvier 2026 (document relayé par GHR)
  3. Actu-Juridique, cour d'appel de Poitiers, 8 avril 2025 : article L. 2333-34-1 du CGCT.
  4. Airbnb, 187 millions d'euros reversés (2024)
  5. Bourse des Crédits, 23 avril 2026

Cet article présente les règles générales à la date de mise à jour. Il ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal : vérifiez la délibération de votre commune et votre situation.

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